Bar est une ville en strates. Longez sa promenade moderne du bord de mer, dépassez les terminaux de ferry et les cafés animés : vous pourriez être dans n'importe quel port méditerranéen. Mais roulez quatre kilomètres vers l'intérieur, en montant, et vous basculez dans un tout autre monde — les ruines saisissantes de Stari Bar, cité médiévale figée dans le temps depuis le bombardement de 1878. C'est cette dualité qui fait de Bar l'une des destinations les plus fascinantes et les plus sous-estimées du Monténégro.
Premier port du Monténégro et terminus de la légendaire ligne ferroviaire Belgrade-Bar, la ville occupe un carrefour, au sens propre comme au sens culturel. Les influences slaves, albanaises et turques ont tout façonné ici : l'architecture, la cuisine, le rythme même du quotidien. Avec 46 kilomètres de littoral communal, des criques cachées aux longues plages de sable, un olivier plus ancien que le christianisme et une liaison de nuit par ferry vers l'Italie, Bar offre une richesse d'expériences que la plupart des visiteurs du Monténégro ne soupçonnent jamais.
Ce guide réunit tout ce qu'il faut savoir pour visiter Bar et Stari Bar : les ruines antiques, les plages remarquables, mais aussi les aspects pratiques — ferries, trains, et les meilleures adresses de poisson grillé de l'Adriatique.

Sommaire
- À propos de Bar
- Stari Bar (la vieille ville)
- Le Vieil Olivier
- Le palais du roi Nikola
- Les plages
- Le ferry pour Bari, en Italie
- La ligne ferroviaire Bar-Belgrade
- Où manger
- Huile d'olive & produits locaux
- Excursions au départ de Bar
- Où loger
- Y aller
- Conseils pratiques
À propos de Bar
Bar est le principal port du Monténégro et le chef-lieu de la commune du même nom, qui compte environ 40 000 habitants. Installée sur la côte sud de l'Adriatique, entre la mer et le spectaculaire massif de Rumija , elle occupe une position stratégique que bien des empires ont su reconnaître depuis plus de mille ans.
Ce qui frappe d'abord le visiteur, c'est que Bar est une ville vivante, qui travaille, et non une vitrine touristique soigneusement lustrée. Le port accueille le fret comme les ferries de passagers. La gare dessert Belgrade et Podgorica. Le grand boulevard est bordé de boutiques, de banques et de cafés où, même en haute saison, les habitants sont plus nombreux que les touristes. C'est précisément là que réside son charme.
La commune de Bar revendique le plus long littoral de toutes les villes monténégrines : 46 kilomètres remarquables, qui vont des plages urbaines aménagées aux criques sauvages adossées à la falaise. Le paysage change du tout au tout, des douces baies sableuses proches de Sutomore au nord aux coteaux escarpés couverts d'oliviers, autour d'Utjeha et de Valdanos, au sud.
Sur le plan culturel, Bar est un point de rencontre. La population réunit des Slaves monténégrins et une importante communauté albanaise, à quoi des siècles de domination ottomane ajoutent une autre dimension. On entend plusieurs langues au marché et les mosquées y voisinent avec les églises orthodoxes. La cuisine mêle les traditions de la mer adriatique, les grillades généreuses des Balkans et de subtiles touches turques — une épaisseur multiculturelle que les stations plus homogènes ne peuvent offrir.
La ville moderne — que l'on appelle souvent la « nouvelle Bar » pour la distinguer des ruines médiévales qui la dominent — s'est construite pour l'essentiel à l'époque yougoslave, puis après le terrible tremblement de terre de 1979. L'architecture est fonctionnelle plus que belle, mais les investissements récents dans la promenade du bord de mer, la marina et les espaces publics changent la donne.
Stari Bar (la vieille ville)
À quatre kilomètres à l'intérieur des terres, accrochées à un coteau sous les flancs rocheux du mont Rumija, s'étendent les ruines de Stari Bar, la vieille Bar. C'est, sans exagérer, l'un des sites historiques les plus envoûtants de tous les Balkans, et il reste étonnamment peu fréquenté, même au cœur de l'été.

Une ville détruite
Stari Bar fut habitée sans interruption pendant plus de mille ans. Romains, Byzantins, princes slaves, Vénitiens et Ottomans l'ont tour à tour tenue. À son apogée, la cité fortifiée comptait quelque 240 édifices — maisons, églises, mosquées, palais, bains, boutiques et bâtiments publics — tous serrés derrière des murailles qui gravissaient la pente raide jusqu'à une forteresse, au sommet.
La fin survint en 1878, pendant la guerre d'indépendance monténégrine contre l'Empire ottoman. Les troupes monténégrines assiégèrent et bombardèrent la ville. Après la reddition ottomane, une grande partie de la population — alors majoritairement albanaise et turque — s'enfuit ou fut chassée. La cité fut pillée, puis largement abandonnée. Les incendies, les séismes (en particulier celui, dévastateur, de 1979) et plus d'un siècle d'abandon ont achevé la destruction.
Il reste aujourd'hui une immense ruine à ciel ouvert : des murs de pierre sans toiture dressés comme un squelette sur le ciel, des arcades ouvrant sur des pièces vides livrées aux intempéries, des escaliers qui ne mènent nulle part. L'émotion est profonde.
À voir
On entre par la porte principale, où l'on s'acquitte d'un droit modique (environ 3 euros). De là, un réseau de chemins et d'escaliers de pierre grimpe à travers les ruines. À ne pas manquer :
La citadelle (la forteresse): au point le plus haut de la ville, elle embrasse du regard les ruines en contrebas, la plaine côtière et l'Adriatique. La montée est raide, mais elle vaut l'effort.
Les mosquées ottomanes: plusieurs subsistent à l'état de ruines, dont la mosquée Omerbašića et la base caractéristique de son minaret. Elles rappellent que Stari Bar a passé des siècles sous administration ottomane.
L'architecture vénitienne: repérez les fenêtres et les portes à arcs gothiques, héritées de la période d'influence vénitienne (XVe siècle). L'église Sainte-Veneranda et les vestiges de la cathédrale Saint-Georges témoignent du passé catholique de la cité médiévale antérieure.
L'aqueduc: juste à l'extérieur des murs, les vestiges d'un aqueduc ottoman du XVIe siècle qui alimentait autrefois la ville en eau. Plusieurs arches ont survécu ; elles sont particulièrement photogéniques.
Le hammam (bain turc): les restes des bains d'époque ottomane, reconnaissables à leurs salles coiffées de coupoles.
Comptez au moins 90 minutes pour parcourir le site convenablement, davantage si vous voulez atteindre la forteresse, tout en haut. Chaussez-vous solidement : les chemins sont de pierre inégale et il faut, par endroits, escalader des éboulis. Emportez de l'eau, surtout l'été, car les ruines n'offrent guère d'ombre.
Le petit hameau situé devant la porte, dit village de Stari Bar, mérite lui aussi une flânerie. Un chapelet de maisons de pierre traditionnelles, dont certaines restaurées en restaurants et en boutiques, borde la route qui mène à l'entrée. C'est l'endroit idéal pour acheter huile d'olive, miel et figues séchées directement aux producteurs.
Le Vieil Olivier
Au hameau de Mirovica, à quelques minutes à pied de l'entrée de Stari Bar, se dresse un arbre qui était déjà vieux quand l'Empire romain était jeune. Le Vieil Olivier de Mirovica (Stara Maslina) aurait plus de 2 000 ans, ce qui en fait l'un des plus vieux arbres vivants d'Europe et, à coup sûr, le doyen du Monténégro.

L'arbre est énorme : son tronc, d'une épaisseur considérable et profondément noueux, a été tordu par deux millénaires de croissance en formes presque sculpturales. Malgré son âge, il donne encore des olives. Une plateforme d'observation en bois permet d'en mesurer l'ampleur sans abîmer le système racinaire.
Le Vieil Olivier a été classé monument naturel protégé et il est devenu, dans la région de Bar, un symbole de paix et de continuité. La tradition locale veut que les différends se soient jadis réglés sous ses branches. La visite est payante ; le droit d'entrée est modique.
Dans la pratique, l'arbre se combine aisément avec la visite de Stari Bar : les deux sites sont voisins, à environ quatre kilomètres de la ville nouvelle. Beaucoup de visiteurs vont de l'un à l'autre à pied, soit 15 à 20 minutes par une jolie route qui traverse les oliveraies. Ce duo — l'arbre millénaire et la cité ancienne — compose l'une des demi-journées les plus mémorables de tout le Monténégro.
Le palais du roi Nikola
De retour dans la ville nouvelle, près du front de mer, s'élève le palais du roi Nikola, élégante résidence du XIXe siècle devenue musée et centre culturel. Construit en 1885 comme résidence d'été du roi Nikola Ier Petrović-Njegoš, il compte parmi les plus beaux édifices de la ville moderne.
L'ensemble comprend la résidence principale, une petite chapelle et de vastes jardins botaniques qui descendent vers la mer, plantés de palmiers, de cyprès, de lauriers-roses et d'espèces exotiques que le climat doux de Bar fait prospérer. Même si vous renoncez au musée, les jardins valent la promenade.
À l'intérieur, le musée présente des objets liés à l'histoire de Bar : trouvailles archéologiques, photographies anciennes, costumes traditionnels et pièces de la période royale. La collection est modeste mais bien mise en valeur, et le bâtiment reste l'attrait principal. Le palais accueille aussi des manifestations culturelles et des concerts, surtout l'été.
Les plages
Avec 46 kilomètres de côte, la commune de Bar offre une extraordinaire variété de plages. Loin des plages d'hôtel manucurées de Budva ou du décor de fjord de Kotor, celles de Bar sont plus naturelles, moins fréquentées et heureusement épargnées par l'atmosphère de tourisme de masse que l'on trouve plus au nord.
Veliki Pijesak
Le nom signifie « grand sable », et la plage tient parole. C'est l'une des plus vastes et des plus belles étendues de sable du Monténégro, déployée en large arc entre deux caps rocheux. L'eau est propre, le sable doux — une vraie rareté sur ce littoral essentiellement rocheux. Située entre Bar et Sutomore, elle peut se remplir en juillet et en août, mais sans commune mesure avec l'affluence de Budva.
Sutomore
Petite ville à part entière, juste au nord de Bar, Sutomore possède une longue plage aménagée, prisée des familles serbes et monténégrines qui arrivent en train (elle a sa propre gare sur la ligne Belgrade-Bar). Sable et gravier fin s'y mêlent, l'eau est peu profonde et chaude. Le glamour n'est pas au rendez-vous, mais l'ambiance de vacances y est franche et sans prétention.
Čanj
Au sud de Sutomore, Čanj se love dans une baie abritée, avec une plage agréable et une atmosphère plus calme. Les coteaux se couvrent de végétation méditerranéenne et le cadre est nettement plus pittoresque. Un bon choix pour qui cherche un pied-à-terre balnéaire à l'écart de la foule.
Utjeha
En descendant vers Ulcinj, Utjeha est réputée pour ses sources thermales riches en minéraux, qui se déversent dans la mer. Les plages sont surtout de galets et de rochers, mais l'eau est d'une clarté exceptionnelle et le mariage des sources chaudes et de la mer fraîche offre une baignade peu ordinaire.
Dobra Voda
Le nom se traduit par « bonne eau », et le village est à la hauteur. Perché sur un coteau au-dessus d'une succession de petites plages charmantes, Dobra Voda ménage de superbes vues sur la côte et a gardé son caractère villageois.
Valdanos
Voilà qui sort de l'ordinaire. Valdanos est une baie profonde et fermée — presque un fjord miniature — entourée d'oliveraies anciennes qui comptent quelque 80 000 arbres. L'eau y est d'un vert irréel. Les rives rocheuses se prêtent à la nage et au kayak plus qu'au bronzage classique, mais le paysage est hors du commun. On y accède par une route sinueuse depuis la voie principale.

La plage de la Reine (Kraljičina Plaža)
Une petite plage isolée qu'aurait affectionnée l'épouse du roi Nikola. On y descend par un sentier depuis la route principale, et elle a gardé son air de retraite secrète. Rocheuse, baignée d'une eau limpide, elle récompense qui prend la peine de la chercher.
Le ferry pour Bari, en Italie
L'un des atouts les plus pratiques — et les plus romanesques — de Bar est le ferry de nuit pour Bari, en Italie. C'est la seule liaison maritime directe entre le Monténégro et l'Italie, qui fait de la ville une véritable porte entre les Balkans et l'Europe occidentale.
Les départs ont généralement lieu le soir, pour une arrivée au petit matin : on s'endort d'un côté de l'Adriatique et l'on se réveille de l'autre. La liaison fonctionne toute l'année, avec une fréquence accrue l'été.
Informations pratiques
- Durée: 9 à 11 heures (de nuit)
- Navires: grands ferries transbordeurs avec cabines, places sur le pont, restaurants et salons
- Véhicules: voitures, motos et camping-cars peuvent être embarqués
- Réservation: réservez à l'avance en été, surtout avec un véhicule
- Types de cabines: Des couchettes partagées (économiques) aux cabines privées (confortables). Le passage sur le pont reste l'option la moins chère.
- Emplacement du port: En plein centre de Bar-la-Neuve, accessible à pied depuis les gares routière et ferroviaire
Un conseil né de l'expérience : réservez une cabine plutôt qu'un siège sur le pont. La différence de prix est modeste, et pouvoir dormir dans un vrai lit transforme la traversée : d'épreuve d'endurance, elle devient un plaisir.
La ligne ferroviaire Bar-Belgrade
La ligne Bar-Belgrade n'est pas un simple moyen d'aller d'un point à un autre. C'est l'un des grands trajets ferroviaires panoramiques d'Europe : 435 kilomètres qui montent du niveau de la mer, sur la côte adriatique, à plus de 1 000 mètres dans les hauteurs monténégrines, avant de redescendre à travers la Serbie jusqu'à Belgrade. Le trajet complet dure environ 11 heures, et chacune d'elles réserve son lot de merveilles.

L'itinéraire
Au départ de Bar, le train longe brièvement la côte, puis oblique vers l'intérieur des terres et entame son ascension. Le paysage se métamorphose à vive allure : aux oliviers et aux agrumes méditerranéens succèdent des forêts denses, de profonds canyons fluviaux et le haut plateau autour de Kolašin. Le trajet traverse le spectaculaire canyon de la Morača, longe le lac de Skadar et franchit la ligne de partage des eaux continentale.
Le viaduc de Mala Rijeka
Le sommet de la prouesse technique, c'est le viaduc de Mala Rijeka : à 198 mètres au-dessus de la rivière, le plus haut pont ferroviaire d'Europe. Au moment où le train s'y engage, la gorge se dérobe sous vos pieds — sensation grisante et légèrement terrifiante à la fois. Achevé en 1976, l'ouvrage demeure un exploit d'ingénierie.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 254 tunnels et 234 ponts sur 435 kilomètres. Il aura fallu 24 ans pour construire cette ligne, l'un des projets d'infrastructure les plus ambitieux de la Yougoslavie.
Informations pratiques
- Durée: Environ 11 heures pour Bar-Belgrade
- Classes: Première et seconde classe
- Panoramas: Installez-vous côté gauche (dans le sens Belgrade) pour les plus belles vues sur les canyons et le viaduc
- Trajets partiels: Bar-Podgorica (une heure) ou Bar-Kolašin (3 à 4 heures) offrent les plus beaux tronçons de montagne sans engager le voyage entier
Même si vous n'avez nulle raison de vous rendre à Belgrade, envisagez d'emprunter une portion de cette ligne pour le seul plaisir du trajet. Les paysages sont spectaculaires et le prix dérisoire.
Où manger
La table de Bar est à l'image de son caractère multiculturel. À la cuisine traditionnelle monténégrine répondent les plats d'inspiration albanaise, les grillades à la turque et, bien sûr, les excellents produits de la mer Adriatique.
Bar-la-Neuve
La promenade du front de mer est bordée de restaurants et de cafés, souvent dotés de terrasses donnant sur le port. Le poisson y règne en maître : poisson entier grillé (brancin ou orada), risotto noir, salade de poulpe, plateaux mixtes. La qualité est inégale : cherchez les adresses fréquentées par les habitants, en particulier celles qui affichent complet à l'heure du déjeuner. Le marché municipal (pijaca) mérite lui aussi le détour, pour ses produits frais, ses fromages locaux, ses viandes fumées et ses olives.
Aux abords de Stari Bar
Les petits restaurants et les konobas (tavernes traditionnelles) massés à l'entrée de Stari Bar comptent parmi les meilleures tables de la région. Ces établissements familiaux servent une cuisine du terroir à des prix très raisonnables : agneau mijoté, poivrons farcis, grillades, salades fraîches et pain maison.
Plusieurs disposent de terrasses ombragées avec vue sur les ruines. Commander une assiette de jambon cru local (pršut), un ramequin d'olives et une bouteille de rouge monténégrin face aux remparts médiévaux : voilà l'un de ces instants de voyage dont on garde longtemps le souvenir.
À goûter
- L'agneau sous le sač (ispod sača): Rôti lentement sous une cloche de métal recouverte de braises. La viande se défait toute seule. Ce plat se prépare généralement pour un groupe et doit parfois être commandé à l'avance.
- Le poisson grillé: Demandez ce qui est arrivé le jour même. Le poisson entier grillé accompagné de blitva (blettes aux pommes de terre et à l'huile d'olive) est un classique du littoral.
- Le burek et la pita: Feuilleté fourré à la viande, au fromage ou aux épinards — un héritage de la cuisine ottomane, que l'on trouve dans toutes les boulangeries de Bar.
- Le foie à l'albanaise (džigerica): Foie grillé, simplement assaisonné et servi avec des oignons crus. Ce n'est pas du goût de tout le monde, mais c'est un authentique plat local.
- Le café turc: Il reste la boisson par défaut dans bien des établissements traditionnels de Bar. Servi dans une džezva, avec un verre d'eau.
Huile d'olive et produits du terroir
Bar est la capitale monténégrine de l'olive. La commune compterait quelque 100 000 oliviers, souvent plusieurs fois centenaires, et la production d'huile est profondément inscrite dans l'identité locale. Le paysage tout entier — en particulier l'oliveraie de Valdanos et les coteaux qui séparent Bar-la-Neuve de Stari Bar — porte l'empreinte de l'olivier.

Dégustation d'huile d'olive
Plusieurs producteurs de la région de Bar proposent des dégustations. L'huile locale est généralement charpentée et poivrée, issue pour l'essentiel de la variété žutica, native de la région. La qualité a fait un bond spectaculaire depuis qu'une jeune génération de producteurs investit dans des pressoirs modernes tout en conservant les méthodes de culture traditionnelles.
Cherchez l'huile vendue directement par les producteurs près de Stari Bar : plus fraîche et moins chère que dans les boutiques touristiques du reste du Monténégro. Une bonne bouteille d'huile d'olive vierge extra de Bar fait un souvenir excellent et véritablement local.
Autres produits du terroir
- Le miel: Les coteaux de Bar se prêtent admirablement à l'apiculture, et le miel local — notamment de sauge et de fleurs sauvages — se trouve partout.
- Le vin: La région de Crmnica, près du lac de Skadar et facile d'accès depuis Bar, est le plus ancien et le plus important vignoble du Monténégro. Le vranac (rouge) et le krstač (blanc) en sont les cépages emblématiques.
- Les figues séchées: La douceur du climat donne d'excellentes figues, souvent vendues séchées sur les étals du bord des routes et sur les marchés.
- La rakija: Une eau-de-vie de fruits distillée sur place, déclinée en des dizaines de variantes. Celle de raisin (lozovača) est la plus répandue, mais on en trouve aussi à la figue, au miel ou aux herbes.
Excursions au départ de Bar
Sa position centrale sur la côte sud du Monténégro fait de Bar une base idéale pour rayonner dans toute la région.
Ulcinj (30 minutes au sud)
La ville la plus méridionale du Monténégro a une physionomie bien à elle : majoritairement albanaise, avec une vieille ville admirablement conservée, perchée au-dessus de la mer. L'immense Velika Plaža (la Grande Plage), qui s'étire vers la frontière albanaise, est l'une des plus longues plages de sable de l'Adriatique. Ulcinj mérite une journée entière.
Le lac de Skadar depuis Virpazar (45 minutes au nord)
Plus grand lac des Balkans, le lac de Skadar est un parc national d'une beauté rare. Les excursions en bateau partent du village de Virpazar, aisément accessible depuis Bar en voiture ou en train. Célèbre pour ses nénuphars, ses pélicans et ses monastères.
Stari Bar depuis Bar-la-Neuve (4 km à l'intérieur des terres)
Si vous logez à Bar-la-Neuve, la montée à Stari Bar est l'excursion incontournable. On couvre les quatre kilomètres en taxi (pour une somme modique), en bus local ou même à pied (environ 45 minutes de côte). Associez-la au Vieil Olivier : vous tiendrez là une demi-journée mémorable.
Le mont Rumija
Le mont Rumija (1 595 mètres) se dresse spectaculairement derrière Stari Bar et offre des sentiers exigeants aux panoramas hors du commun. L'ascension emprunte d'anciens chemins à travers forêt et terrain rocailleux jusqu'à une église sommitale. Comptez une journée complète et un équipement adapté. La vue — le lac de Skadar, l'Adriatique et les montagnes d'Albanie — est saisissante.
Où loger
Bar propose des hébergements pour toutes les bourses. La ville n'a pas les complexes de luxe de Budva ou de Sveti Stefan, mais on y gagne des prix nettement plus doux et une expérience plus authentique.
Le front de mer de Bar-la-Neuve
Le centre de Bar vous met à deux pas des restaurants, du marché, du terminal des ferries et de la gare. L'offre va de l'appartement moderne à quelques hôtels. C'est la base la plus commode si vous devez prendre un ferry ou si Bar n'est qu'une étape.
Sutomore
Le plus large choix d'hébergements économiques et de moyenne gamme aux environs de Bar. Bien desservie par le train et le bus, avec une longue plage et toutes les infrastructures balnéaires.
Čanj
Une alternative plus paisible à Sutomore, dans un cadre plus joli, où l'appartement domine.
Utjeha
L'option la plus tranquille, faite pour ceux qui disposent d'une voiture et veulent fuir la foule pour de bon. Petits appartements familiaux et villas y prédominent.

Comment s'y rendre
Bar est bien desservie par plusieurs modes de transport, ce qui est rare pour une ville du littoral monténégrin.
En avion
L'aéroport le plus proche est celui de Podgorica (Golubovci), à une cinquantaine de minutes de route ou une heure de train. L'aéroport de Tivat se trouve à environ 90 minutes vers le nord par la route. Tous deux accueillent des vols en provenance des grandes villes européennes, avec des liaisons plus nombreuses en été.
En train
La ligne Bar-Belgrade dessert directement Podgorica (une heure), Kolašin, Bijelo Polje et Belgrade — l'un des plus beaux trajets ferroviaires panoramiques d'Europe. La gare se trouve en plein centre.
En bus
Des liaisons régulières relient Bar à Budva, Kotor, Herceg Novi, Ulcinj, Podgorica, ainsi qu'à des destinations en Serbie, en Bosnie et en Albanie. La gare routière jouxte la gare ferroviaire.
En ferry
Le ferry de nuit au départ de Bari, en Italie, assure une liaison maritime directe. Voir les montagnes du Monténégro émerger de la brume matinale à l'arrivée : voilà une belle façon de commencer un séjour.
En voiture
Bar se trouve sur la route côtière adriatique (E65/E851). Temps de trajet : Budva (1 heure), Kotor (1 h 30), Ulcinj (30 minutes), Podgorica (50 minutes).
Conseils pratiques

Associez Stari Bar et le Vieil Olivier. Ces deux sites sont à distance de marche l'un de l'autre et forment ensemble la demi-journée idéale au départ de Bar-la-Neuve. Allez-y le matin pour éviter la chaleur de la mi-journée, surtout en été.
Bar est une ville qui travaille, pas une station balnéaire. Ajustez vos attentes en conséquence. Le front de mer a été considérablement embelli, mais Bar n'a pas le vernis touristique de Budva ou de Kotor. Ce qu'elle offre en revanche, c'est l'authenticité : de vrais marchés, de vrais cafés, de vrais quartiers. Beaucoup de voyageurs y trouvent bien davantage leur compte.
Les jours de marché comptent. Le marché municipal est le plus animé et le mieux achalandé le matin, en particulier le samedi. C'est là que vous trouverez les meilleurs produits locaux, la meilleure huile d'olive et les meilleurs fromages. Arrivez avant 10 heures pour en profiter pleinement.
Apprenez quelques mots. La population mêlée de Bar fait qu'on y entend le monténégrin/serbe, l'albanais et, parfois, le turc. Quelques mots dans la langue du pays — « hvala » (merci), « dobar dan » (bonjour) — vous ouvriront bien des portes, ici comme partout au Monténégro.
Le ferry affiche complet en été. Si vous comptez prendre le ferry Bar-Bari en juillet ou en août, a fortiori avec un véhicule, réservez longtemps à l'avance. Les passagers sans voiture s'en tirent généralement mieux, mais les cabines partent vite.
Prévoyez des espèces près de Stari Bar. Les restaurants et les boutiques des environs de Stari Bar sont souvent des affaires familiales qui n'acceptent pas toujours la carte bancaire. On trouve en revanche des distributeurs sans difficulté à Novi Bar.
Se protéger du soleil à Stari Bar Les ruines n'offrent quasiment aucune ombre : prévoyez un chapeau, de la crème solaire et de l'eau. La visite est bien plus agréable en début de matinée ou en fin d'après-midi qu'en plein midi.
Bar comme point de chute Pour rayonner dans le sud du Monténégro — Ulcinj, le lac de Skadar, les montagnes —, Bar constitue une base pratique et abordable. La ville est bien située, bien desservie, et nettement moins chère que les stations balnéaires réputées du nord.
Bar n'est peut-être pas la première destination monténégrine qui vient à l'esprit, et c'est précisément ce qui fait son charme. La ville récompense le voyageur qui cherche au-delà de l'évidence, celui qui accepte de grimper à flanc de colline pour découvrir des ruines qui rivalisent avec les plus belles de Méditerranée, celui qui veut goûter une huile pressée à partir d'oliviers déjà anciens à la chute de Rome. C'est ici que le Monténégro se montre le plus authentique : sans hâte, tout en strates, plein de surprises discrètes.
Bar, Monténégro — une ville portuaire aux racines antiques, une cité médiévale en ruine sur la colline qui la domine, et 46 kilomètres de littoral adriatique à explorer.






