Incendies au Monténégro : pourquoi le feu s’arrête au mur quand la Californie s’embrase
Les feux de l’Adriatique ne ressemblent en rien à ceux de Malibu. Ce que cela change pour un voyage — et combien de temps cela tiendra.
SITUATION — 31 AOÛT 2026. Dix-sept jours plus tard, l’urgence est terminée sur le littoral et le bilan n’a pas bougé : aucune maison n’a été perdue sur toute la côte monténégrine cette saison. L’incendie de Herceg Novi reste malgré tout inscrit au registre — le rapport du soir du ministère de l’Intérieur du 26 août mentionnait encore Đenovići et Bijelske Kruševice comme actifs et sous contrôle, ce qui est l’état normal d’un arrière-pays brûlé à la fin août : un sol qui couve dans un terrain où aucun véhicule ne peut entrer, surveillé plutôt que combattu, avec des équipes et des aéronefs prêts à repartir si le vent tourne. Les renforts et les militaires ont quitté la côte dans la troisième semaine d’août, et l’eau et l’électricité fonctionnent de nouveau normalement à Ulcinj. La pression restante s’est déplacée vers l’intérieur, à Nikšić et Cetinje, où la dernière semaine d’août a été plus dure que tout ce qu’a connu le littoral. Les dégâts matériels confirmés de tout l’épisode côtier restent agricoles et électriques — une petite exploitation de Briska Gora a perdu environ 300 citronniers, 100 grenadiers, une oliveraie et son système d’irrigation, auxquels s’ajoutent une dizaine de poteaux brûlés sur la ligne de Gač — et le service d’urgence européen Copernicus cartographie toujours la surface brûlée au titre de l’activation EMSR922. Huit photographies des nuits de Đenovići sont publiées ci-dessous. L’analyse qui les suit a été écrite le 15 août, au plus fort des incendies ; ses chiffres restent valables.
La deuxième nuit, le feu est descendu de la colline sur Bijela, a filé dans les broussailles jusqu’aux premières maisons et s’est arrêté contre un mur.
C’est la phrase la moins spectaculaire qu’on ait écrite sur le littoral monténégrin cette semaine-là, et c’est toute l’histoire. Cinquante maisons menacées sur les hauteurs de Herceg Novi. Cinquante maisons encore debout au matin. Non pas que le Monténégro ait mieux combattu son incendie que la Californie n’a combattu le Palisades : à presque tous les égards mesurables, il l’a combattu avec beaucoup moins. Aucun bombardier d’eau amphibie, un seul Air Tractor, des hélicoptères empruntés, des brigades de volontaires et les hommes du village avec des tuyaux d’arrosage. Si les maisons tiennent, c’est que le feu est arrivé sur une surface qu’il ne pouvait pas enflammer.
Chaque mois d’août, quelqu’un photographie une ligne orange sur une crête noire au-dessus des Bouches de Kotor, et la même question tombe dans l’heure. Est-ce le prochain Malibu ? Faut-il annuler ? Les images, il est vrai, se ressemblent : deux littoraux méditerranéens, deux versants qui brûlent au-dessus de la mer. Les événements qu’elles recouvrent, eux, ne sont pas de même nature, et la différence ne tient ni à la chance ni au sérieux des uns et des autres. Elle tient au combustible, à la maçonnerie, à la géographie et à l’allumage : quatre variables prosaïques qui décident, avant même que quiconque ait composé le 112, jusqu’où la nuit peut aller.
De quoi rassurer, et pour une semaine ou deux, cela rassure. Le problème, c’est que trois de ces quatre variables évoluent dans le mauvais sens.
Les nuits au-dessus de Đenovići
Les huit photographies ci-dessous ont été prises à Đenovići et à Bijela entre le 14 et le 19 août 2026 — depuis un portail, un parking, un trottoir et derrière un pare-brise, sur la portion de côte que le front de flammes a surplombée pendant la plus grande partie d’une semaine. Ce sont des originaux montenegro.com, et ils montrent à quoi le feu ressemblait réellement depuis le village.
Photographié d’en bas et de nuit, cela ressemble à la fin d’un village. Ce n’en était pas une. Le front a parcouru l’arrière-pays de Bijela jusqu’au-dessus de Zelenika, avec Đenovići au milieu, et la ligne a été tenue par le service de protection et de secours de Herceg Novi — dix-sept véhicules et soixante-quatre personnes — avec des équipes professionnelles de Tivat et de Trebinje, de l’autre côté de la frontière bosnienne, les pompiers volontaires de Tivat, Perast et Bijela, l’unité d’entreprise de Luštica Bay, un Air Tractor au-dessus d’eux et un hélicoptère de l’armée auquel le rapport quotidien du ministère attribue trois rotations et trente tonnes d’eau sur Đenovići seul.
Sous cette ligne, la semaine a été ordinaire. La librairie est restée ouverte. La magistrale adriatique n’a jamais cessé de rouler. L’homme de la photo de jour se tenait à son propre portail, les mains sur les hanches, et regardait brûler la colline au-dessus de son toit.
Maisons perdues à Đenovići : aucune. Maisons perdues sur l’ensemble de l’incendie de Herceg Novi : aucune. Ce qui a brûlé, c’est le maquis, la broussaille et le pin. C’est exactement le résultat que prédisent les quatre variables ci-dessous — et c’est pourquoi une crête orange photographiée sur cette côte n’est pas l’image qu’elle semble être.
Ce qui a réellement brûlé en Californie
En janvier 2025, l’incendie de Palisades a traversé Pacific Palisades, Topanga et les hauteurs de Malibu. L’évaluation des dégâts de CAL FIRE a dénombré 6 837 bâtiments détruits et un millier d’autres endommagés sur 23 448 acres. Douze personnes ont été tuées, environ 105 000 évacuées. Il demeure le troisième incendie le plus destructeur jamais recensé en Californie.
Les saisons de feu monténégrines ne produisent rien de tel, et la divergence commence à l’allumage, pas sur la ligne de feu.
Un combustible qui plafonne
La Californie du Sud et le littoral monténégrin relèvent de la même famille botanique. Les écologues recensent dans le monde cinq formations arbustives de climat méditerranéen — le chaparral californien, le maquis et la garrigue du bassin méditerranéen, le matorral chilien, le fynbos sud-africain, le kwongan australien — qui ont convergé, sur cinq continents et indépendamment les unes des autres, vers presque exactement la même plante : un arbuste sclérophylle, aromatique et sempervirent, d’un à trois mètres de haut, tributaire du feu pour se régénérer.
La ressemblance s’arrête à la structure. Ce qui brûle sur le littoral monténégrin, les rapports d’incendie l’appellent nisko rastinje : basses broussailles et herbe sèche courant sur un sol pierreux, coupé d’affleurements rocheux, de terrasses en pierre sèche, d’oliveraies et de vieilles limites de champs. Cela va vite, jette des flammes spectaculaires et produit des volumes de fumée considérables. C’est aussi une couche de combustible mince sur un terrain fracturé : le feu s’éteint dans son propre sillage.
Les canyons de Malibu portent tout autre chose : un chaparral plus profond, plus ancien, continu — des décennies de biomasse accumulée que le relief canalise droit vers les rues résidentielles. Une telle couche alimente un front assez longtemps et assez chaud pour franchir un seuil que les feux de broussailles adriatiques n’atteignent presque jamais : la bascule vers l’incendie urbain, qui n’a plus besoin de végétation puisque, à ce stade, ce sont les maisons qui font le combustible.
Le bâti ne prend pas
C’est, à lui seul, le plus grand écart entre les deux littoraux, et il mérite d’être dit sans nuance.
Le littoral monténégrin se construit en pierre, en brique, en parpaing et en béton armé, sous des toits de tuiles, avec des murs pleins et des ouvertures relativement petites. Rien là-dedans ne relève d’une stratégie contre l’incendie. C’est simplement la manière dont l’Adriatique orientale a toujours bâti, pour des raisons de climat, de matériaux disponibles et d’habitude. La conséquence est fortuite et considérable : le feu de broussailles qui atteint un village monténégrin rencontre un mur qu’il ne peut pas allumer.
Le parc résidentiel californien, lui, est majoritairement à ossature bois. Les autorités de l’État ne s’en cachent plus : ces maisons n’ont jamais été conçues pour survivre aux braises portées par le vent, ni aux flammes directes. Le code californien de l’interface habitat-forêt empile désormais toitures résistantes au feu, aérations pare-braises, débords de toit fermés et bardages incombustibles sur un noyau qui, lui, reste combustible. Et les enquêteurs désignent régulièrement les braises, non le front de flammes, comme le mécanisme qui emporte les maisons : elles se logent dans les bardages, les terrasses et les grilles d’aération, couvent, puis allument la structure de l’extérieur vers l’intérieur.
Le même feu de végétation produit ainsi deux catastrophes différentes. À Malibu, la propagation de maison en maison l’a multiplié. Au Monténégro, il s’est arrêté au mur.
La nuance pèse davantage chaque année. Les constructions récentes de ce littoral collent de plus en plus souvent, jusqu’au bord de la terrasse, pergolas en bois, planchers de lames, brise-vue en roseau, menuiseries en PVC, mobilier plastique, bouteilles de gaz et broussailles laissées à l’abandon. Autant de pièges à braises boulonnés sur un bâtiment ininflammable. Le bâti traditionnel résiste. Une bonne part de ce qu’on lui a ajouté depuis 2005 ne résiste pas.
Les villages regardent la mer
Malibu est un ruban d’habitat posé dans la nature : des maisons dispersées qui remontent les canyons, enfoncées dans la végétation, souvent avec une seule route pour entrer et pour sortir. Le feu arrive parmi les maisons parce que les maisons ont été bâties dans le combustible.
Le schéma monténégrin est exactement inverse. Les villages sont compacts et bâtis en dur, serrés contre le rivage et la route côtière, tandis que l’Orjen, le Lovćen et le massif de la Rumija se dressent en pente raide derrière eux — la géographie que décrit notre guide de la baie de Kotor. Sur ces versants, le feu monte et s’enfonce dans les terres, à l’écart de la bande où dorment les visiteurs. L’Adriatique est juste en dessous, réservoir sans fond : un avion y reprend sa charge en quelques minutes — 282 tonnes dans la seule journée de cette semaine.
Le risque, ici, se concentre au lieu de se disperser : maisons isolées et vikendice dans l’arrière-pays, hameaux accrochés aux versants au-dessus de la baie, terrasses d’oliviers en retrait d’Ulcinj, et des réseaux qui traversent des espaces sauvages.
Le vent est un cousin, pas un jumeau
Chacun des deux littoraux a son vent de pente caractéristique et, techniquement, tous deux sont catabatiques : de l’air dense qui s’écoule des reliefs et accélère en tombant.
Le Santa Ana californien arrive du désert intérieur, chaud et extraordinairement sec, avec une humidité relative qui tombe souvent à un chiffre. Lors de l’épisode de janvier 2025, il a soufflé de 40 à 60 mph en continu, avec des rafales au-delà de 80. Il dessèche le combustible et le pousse d’un même mouvement.
La bura adriatique, elle, dévale la muraille dinarique jusqu’à la côte. Elle est violente — c’est à elle que les Bouches de Kotor et les chenaux croates doivent leur réputation — mais elle reste au fond un vent froid, qui ne prépare pas le combustible en l’asséchant.
Elle n’est pas inoffensive pour autant. Une étude parue dans Natural Hazards and Earth System Sciences s’est penchée sur l’incendie de Split de juillet 2017, qui avait pénétré une zone côtière habitée. Elle montre que le flux de bura, en franchissant la crête littorale, subit un déferlement d’ondes de gravité et fait descendre de l’air sec des couches supérieures : la surface s’assèche brutalement et le feu se met à courir tantôt vers le bas, tantôt vers le haut du versant. C’est précisément la bura qui a rendu le feu de Herceg Novi si difficile à tenir cette semaine. Un vrai vent de feu, l’Adriatique en a un. Un vent de feu du désert, non.
Et puis, il y a nous
Goran Janković, commandant du service de protection et de secours de Šavnik, a déclaré le 13 août que le facteur humain était à l’origine de plus de 95 % des feux de plein air au Monténégro.
Sa formule, largement reprise, attribue la part restante à « la négligence ou à d’autres phénomènes » pendant les fortes chaleurs et la sécheresse prolongée — ce qui ne tient pas debout, la négligence étant une activité humaine : elle appartient aux 95 %, pas au reliquat. Il faut la lire comme les pompiers l’entendent visiblement : sur ce littoral, presque tout feu commence par une personne, par inattention ou par intention, et la part naturelle — la foudre, pour l’essentiel — reste l’exception. L’un des feux de Luštica en 2025 a été attribué à un impact de foudre. C’est à peu près la fréquence du phénomène.
Brûlage de déchets verts et agricoles. Décharges. Mégots jetés. Feux de cuisson laissés sans surveillance. Étincelle d’un engin. Défauts sur les lignes électriques qui traversent des terrains secs — cette semaine, le feu de Žager s’est propagé le long d’une ligne de transport avant d’atteindre les maisons et l’église.
C’est le fait le plus utile de cet article, car à la différence du vent, du combustible ou de la maçonnerie, c’est le seul de ces paramètres qu’un visiteur tient directement entre ses mains.
LE BILAN CHIFFRÉ
Cinq chiffres qui commandent la démonstration
6 837 — bâtiments détruits par l’incendie de Palisades, janvier 2025 Évaluation des dégâts CAL FIRE
0 — maison détruite sur les hauteurs de Herceg Novi cette semaine, sur une cinquantaine de menacées Service de protection et de secours, août 2026
282 tonnes / 137 sorties — eau larguée en une seule journée sur Bijela, Baošići, Vladimir et Zoganje Direction de la protection et du secours, août 2026
>95 % — part des feux de plein air monténégrins d’origine humaine Goran Janković, service de protection et de secours de Šavnik, 13 août 2026
1 079 538 ha — brûlés dans l’UE en 2025, près du double de la moyenne 2006–2024 Centre commun de recherche de la Commission européenne / EFFIS, mars 2026
Les contrepoids
Un récit rassurant s’arrêterait là. Quatre éléments l’interdisent.
Les moyens de lutte sont minces. Le Monténégro n’exploite aucun bombardier d’eau amphibie de la classe Canadair. Il aligne un Air Tractor AT-802 et un Antonov AN-32P, mis en œuvre par la Direction de la protection et du secours du ministère de l’Intérieur, appuyés par des hélicoptères de la police et de l’armée, des brigades municipales, des sociétés de sapeurs-pompiers volontaires et, tout naturellement, des habitants munis de tuyaux d’arrosage. Plusieurs feux simultanés suffisent à mettre ce dispositif à bout de souffle, et les pompiers d’ici le disent ouvertement : les équipes travaillent sans repos et le pays manque de vrais moyens aériens. Le manque se comble de l’extérieur — le Monténégro participe au mécanisme de protection civile de l’Union européenne et, en août 2025, la Commission a mobilisé des moyens rescEU stationnés en Tchéquie, en Croatie et en Italie, tandis que la Serbie, la Hongrie et la Bosnie-Herzégovine proposaient des aéronefs à titre bilatéral.
Les catastrophes d’interface existent bel et bien sur l’Adriatique. L’incendie de Split de 2017 est le contre-exemple régional, et il n’appartient pas à un passé lointain. Au moment où ces lignes s’écrivaient, un feu près d’Omiš, sur la côte croate, atteignait des maisons, blessait dix-neuf personnes et contraignait quelque 2 000 habitants des villages alentour à quitter leur domicile.
Le Monténégro a déjà gâché des vacances. En juillet 2017, des feux ont traversé la presqu’île de Luštica, au moins une centaine de touristes ont été évacués de locations et de campings, et le gouvernement a activé le mécanisme européen de protection civile après avoir reconnu qu’il ne pouvait pas faire face seul.
La tendance ne va que dans un sens. Depuis les années 1950, le dépeuplement rural en Méditerranée a fait disparaître les bergers et les petits exploitants qui maintenaient la végétation rase et discontinue ; les terrasses abandonnées sont devenues un combustible continu. Ajoutez-y la chaleur. Le Centre commun de recherche a classé 2025 comme la saison la plus destructrice de l’UE depuis le début des relevés, en 2006 : 1 079 538 hectares, 7 783 feux dans 25 États membres, près du double de la moyenne 2006–2024, avec des saisons qui commencent plus tôt et remontent plus au nord.
Structurellement, les feux du littoral monténégrin restent moins catastrophiques que ceux de Californie. Ils sont aussi plus fréquents qu’avant, le combustible est plus continu qu’avant, et les terrasses qui cassaient jadis la course d’un feu se referment. Le mur tient toujours. La marge derrière lui s’amenuise de décennie en décennie.
Ce qu’un incendie change vraiment à un séjour
Rarement des flammes. Presque toujours les réseaux, et dans cet ordre.
Électricité et eau. C’est l’effet pratique dominant, et il revient à chaque feu sérieux ou presque, parce que le feu emprunte le couloir où les lignes moyenne tension traversent la garrigue. Cette semaine, le distributeur a coupé la ligne 10 kV à Gač, laissant Briska Gora, Zoganje et Ćetkovići dans le noir. Bijela et Baošići ont perdu électricité et eau. Ulcinj tout entier a perdu l’eau, parce que les pompes dépendent de la ligne au bord de laquelle brûlait le feu, et la commune a demandé à ses habitants de rationner leur consommation.
Routes. Des sections de la route de l’Adriatique et d’axes intérieurs ferment sans préavis pendant que les avions travaillent au-dessus ou que les équipes tiennent une ligne sur le bas-côté. Attendez-vous à des détours, pas à vous retrouver piégé.
Fumée. Le risque le plus sous-estimé, et celui qui atteint des gens qui ne verront jamais une flamme. Il pèse sur les asthmatiques, les malades de BPCO, les cardiaques, les jeunes enfants et les personnes âgées. La Boka la retient : c’est la géométrie de la baie qui veut ça.
Plages et sites. Ponctuel et bref. On évacue par précaution, pas dans la catastrophe — et avec plus d’une centaine de plages sur ce littoral, une fermeture signifie en général se déplacer de quelques kilomètres plutôt que perdre la journée.
Ce n’est pourtant rien de tout cela qui fait dérailler la plupart des séjours d’août. Les choses qui piègent vraiment les visiteurs en haute saison — un appartement reloué à quelqu’un d’autre, une voiture de location qui n’a jamais existé, un taxi qui s’arrête à la frontière — n’ont rien à voir avec le feu.
SI VOUS ÊTES SUR PLACE PENDANT UN INCENDIE
- Le 112 est le numéro d’urgence, depuis n’importe quel téléphone.
- Gardez de l’eau en bouteille dans le logement et dans la voiture, et vos appareils chargés. Une coupure de courant, c’est la climatisation à l’arrêt, l’ascenseur bloqué et, souvent, la pression d’eau qui tombe — parfois pendant des heures.
- N’entrez pas en voiture dans la fumée. S’il n’y a pas d’autre solution : lentement, vitres fermées, ventilation coupée, feux allumés.
- Ne montez pas les routes de montagne pour photographier un feu. Les voies d’accès sont à une seule file. La voiture d’un curieux dans un lacet bloque un camion-citerne.
- Fenêtres fermées et climatisation en recyclage dès que la fumée s’installe dans la baie.
- Traitez une journée de forte fumée comme vous traiteriez une alerte à la qualité de l’air chez vous.
- Suivez sans discuter les consignes de la police et des services de secours. Ici, une évacuation préventive, c’est faire descendre trente personnes d’une colline pour une nuit.
- Aucun feu ouvert, nulle part, de juin à septembre. Pas de feu de camp sur la plage, pas de brûlage de déchets verts dans une location, pas de cigarette jetée par la vitre, pas de barbecue jetable sur un sol sec. Le Monténégro poursuit pénalement les départs de feu par imprudence — et celui qui risque le plus d’y perdre sa maison est un voisin qui vit ici toute l’année.
Faut-il annuler ? Presque certainement pas. Les villes côtières, les plages et les vieilles villes sont rarement touchées directement. Préparez-vous à un après-midi perdu, à un détour et à quelques heures sans eau : vous aurez fait le nécessaire.
Mais lisez la fumée honnêtement, pas confortablement. Ce qui protège ce littoral, c’est un mur que le grand-père de quelqu’un a monté pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le feu, sur un versant que l’on pâturait autrefois et que l’on ne pâture plus, au-dessus d’une mer qu’un avion atteint en quelques minutes — un avion dont le pays ne possède pas assez d’exemplaires.
La marge est bonne. Elle n’est pas éternelle.
Questions fréquentes sur les incendies au Monténégro
Faut-il annuler un séjour sur le littoral monténégrin à cause des incendies ?
Dans la quasi-totalité des cas, non. Les villes côtières, les plages et les vieilles villes sont rarement touchées directement : le risque se concentre sur les hameaux de versant et de l’arrière-pays, pas sur la bande littorale. Prévoyez plutôt ce qui atteint réellement les visiteurs — quelques heures sans électricité ni eau, un détour routier et un ou deux après-midi enfumés.
Le littoral est-il sûr quand des feux brûlent sur les hauteurs ?
En général oui, et c’est la géographie qui l’explique. Sur ces versants, le feu monte et s’enfonce dans les terres, loin de la bande côtière où logent les visiteurs, tandis que la mer, en contrebas, offre aux avions un point de remplissage à quelques minutes de vol. Suivez les consignes locales et restez à l’écart des routes de montagne : pendant un incendie, la chose la plus utile qu’un visiteur puisse faire, c’est encore de ne pas encombrer une voie d’accès.
La fumée va-t-elle gâcher mes vacances ?
Elle peut vous coûter un jour ou deux, pas le séjour. La Boka Kotorska piège la fumée parce que la baie est fermée : celle-ci peut y stagner alors que le feu, lui, est déjà maîtrisé, et elle se dissipe le plus souvent à la faveur d’une bascule du vent. Si quelqu’un de votre groupe souffre d’asthme, de BPCO ou d’un problème cardiaque, traitez une journée de forte fumée exactement comme une alerte à la qualité de l’air chez vous.
Qu’est-ce qui est réellement perturbé — les plages ?
Rarement les plages, et presque jamais les flammes. Ce sont les réseaux : l’électricité et l’eau d’abord, parce que les feux empruntent les couloirs où les lignes moyenne tension traversent des terrains secs, puis les fermetures de routes pendant que les avions travaillent au-dessus. Lors des incendies d’août 2026, Ulcinj tout entier a été privé d’eau parce que les pompes dépendaient d’une ligne au bord de laquelle brûlait le feu.
Les incendies du Monténégro s’aggravent-ils ?
Oui — en fréquence et en longueur de saison, comme dans le reste de la Méditerranée. L’UE n’avait jamais connu pire saison que 2025 depuis le début du suivi, en 2006 : 1 079 538 hectares brûlés, près du double de la moyenne 2006–2024. Le dépeuplement rural en est le moteur le plus discret, les terrasses abandonnées, jadis pâturées, étant devenues un combustible continu.
Pourquoi les feux monténégrins détruisent-ils si peu de maisons par rapport à ceux de Californie ?
À cause de ce dont les maisons sont faites. Le littoral est bâti en pierre, en brique, en parpaing et en béton armé, sous des toits de tuiles : un feu de broussailles qui arrive au mur d’un village rencontre en général une surface qu’il ne peut pas enflammer. Le parc californien est majoritairement à ossature bois, et c’est pourquoi les braises poussées par le vent peuvent y transformer un feu de végétation en incendie urbain, de maison en maison. Une cinquantaine de maisons ont été menacées sur les hauteurs de Herceg Novi en août 2026 ; aucune n’a brûlé.
Quel est le numéro d’urgence au Monténégro ?
Le 112, depuis n’importe quel téléphone, y compris les mobiles étrangers. Il couvre les pompiers, la police et les secours.
Puis-je aider si un feu se déclare à proximité ?
Ne vous rendez pas de votre propre initiative sur une ligne de feu. Les contributions les plus utiles d’un visiteur consistent à ne pas déclencher d’incendie — plus de 95 % des feux de plein air, ici, sont d’origine humaine — et à laisser libres les voies d’accès en montagne pour que les camions-citernes passent.
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Reportage et sources : évaluations des dégâts de CAL FIRE sur l’incendie de Palisades de janvier 2025 ; rapport de saison 2025 du Centre commun de recherche de la Commission européenne / EFFIS, mars 2026 ; DG ECHO sur le mécanisme de protection civile de l’UE et rescEU ; Natural Hazards and Earth System Sciences sur l’incendie de Split de 2017 ; communications du ministère de l’Intérieur monténégrin et de la Direction de la protection et du secours, août 2026 ; Portal Analitika, RTCG, Vijesti, CdM ; CEDIS ; ambassade des États-Unis à Podgorica ; UN-SPIDER et ReliefWeb sur les incendies de 2017 au Monténégro ; littérature scientifique évaluée par les pairs sur la déprise agricole et la continuité du combustible en Méditerranée.




